Quand la ZAD invite le grand capital

Igor au clavier.

La semaine dernière, je me suis retrouvé dans un environnement des plus inattendus. Deux antipodes du système se sont côtoyées le temps de quelques jours. L'une accueillait, l'autre organisait. Les deux se retrouvaient autour d'une ambition partagée : repenser en profondeur le système financier pour le faire passer d'un outil de domination au service de quelques uns à un outil de connexion au service du vivant - sous toutes ses formes.

Pendant 2 jours, le festival Katapult a rassemblé près de 900 personnes. Je n'ai pas la répartition exacte mais de mes rencontres, je dirais une bonne moitié évoluant dans le monde de la finance (fonds d'investissements, "family offices", venture capitalists , fondations, etc.), le reste rassemblant des acteurs institutionnels, des entrepreneurs et porteurs de projet, des artistes et quelques représentants de communautés indigènes.

À la croisée entre Burning Man, les conférences TED et une certaine tradition de la facilitation - forums ouverts, cercles de parole, intelligence collective. Un écho lointain aux expériences menées par Stewart Brand en Californie dans les années 1970-80, quand il cherchait à rassembler hackers, artistes et penseurs systémiques autour de questions qui dépassaient les frontières disciplinaires.

Petit récit de ces quelques jours.

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J'arrive à Amsterdam le mercredi soir. Je rejoins nos partenaires du BWL et du Wire Group à un dîner d'ouverture - plutôt destiné à un public d'investisseurs. Le dîner a lieu en extérieur, dans un espace chic. Concert, petit banquet, bonne bouffe. Mais comme à ma grande habitude dans ces environnements très sociaux, gros sentiment de solitude. A l'exception d'une ou deux personnes (wink Courtney!), beaucoup de mal à connecter avec les gens, je cherche le point d'accroche. Ca ne prend pas, je m'isole un peu. Jusqu'au moment où une âme charitable m'introduit à... Ferran! Fin de vingtaine, une bonne humeur communicative et il fait exactement la même chose que moi, dans sa région natale en Catalogne. Ca matche, super vibe, sauvé pour la soirée. Mais deux jours entiers de plus comme ça, je m'attends à ce que ce soit long. Très long.

Jeudi 8h00 - Arrivée à Ruigoord.

La communauté qui accueillera le festival au cours des 2 prochains jours. Ancien village de pêcheurs et d'agriculteurs, Ruigoord aurait dû disparaître dans les années 60. La municipalité d'Amsterdam avait décidé de raser le lieu pour y installer un port pétrochimique industriel. Habitants expulsés, maisons vidées. En 73, une poignée d'artistes, d'idéalistes et d'ex-activistes du mouvement Provo barricadent la route le jour même où les bulldozers devaient arriver. La crise pétrolière des années 70 s'occupe du reste : le projet de port tombe à l'eau et Ruigoord se transforme en zone franche culturelle. Une enclave entourée de cuves à pétrole géantes, de terminaux à conteneurs, et d'entrepôts industriels - à perte de vue. D'énormes éoliennes également, qu'on les aime ou les déteste. Expression artistique, combat politique, chaînes globalisées, énergies.

Le monde dans toute sa complexité, réuni sur quelques hectares. Pouvait-on espérer mieux pour accueillir un festival visant à repenser la finance pour la mettre au service du vivant?

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8h30 - Petit-dej avec l'équipe du BWL et quelques investisseurs et institutionnels.

Une douzaine de personnes. On fait connaissance. Belle énergie, c'est fluide et agréable. La journée commence bien. Ma crainte de la veille commence à se dissiper.

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9h30 - Session d'ouverture

Première claque. Après un petit échange avec le public sur les intentions des uns et des autres, et quelques mots posés sur papier pendant les échanges, deux artistes improvisent ce petit morceau.

S'enchaînent ensuite de petites interventions (moins de 10 min chacune) par quelques speakers un peu emblématiques du festival. Le ton est donné, la barre est placée haute, le teaser est alléchant. Je pense notamment à l'intervention de Jason Silva sur la place de la technologie dans l'évolution de l'espèce humaine. Et le besoin aujourd'hui plus que jamais (arrivée de l'IA) de se connecter à ce qui nous rend humain, à ce qui nous apporte la sagesse requise pour contrôler le potentiel destructeur d'une telle puissance et surtout, à ce qui génère en nous cette émotion d'émerveillement - qui nous donne envie de vivre, de créer et de partager.

Je fais la queue, je commence une discussion avec la personne en face de moi. C'est la personne qui intervient juste après. Super vibe et je prendrai ma deuxième claque pendant son intervention. Elle s'appelle Hanli Prinsloo, apnéiste sud-africaine et fondatrice de l'ONG I am water. Depuis 15 ans, son organisation a accompagné plus de 30 000 enfants en Afrique du sud en leur faisant découvrir la richesse de la vie sous-marine.

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Une fois Hanli servie, je continue mon attente avec la personne derrière moi, Peter (le seul mec de l'assemblée avec des bottes en plein cagnard). Ancien entrepreneur, il a lancé son propre fonds et parcourt aujourd'hui le monde avec sa femme et leur fils. "And where are you based? - "Nowhere" - "ok!". Nos propres cafés servis, une autre personne nous rejoint papoter quelques minutes. Il repart. Peter me demande si je sais qui c'est. "no idea" - "he's the king's brother". La famille royale à la ZAD, ça ferait une super série. Bref, ça matche hyper bien avec Peter, on échange nos contacts. Des dizaines de personnes croisées en deux jours, pour en recontacter combien au final? Peu importe. L'interaction est belle à vivre et l'intention de poursuivre l'échange est sincère.

En commençant ce carnet, j'avais en tête de dérouler chaque moment clef des deux jours mais je me rends compte à ce stade de la limite de l'exercice. Chaque heure était marquée par une rencontre, une discussion, une découverte qui mériterait sa propre mise en lumière. Mais ça n'est pas le but ici. Vous avez la scène et quelques-uns des acteurs. Maintenant, de quoi traitait la pièce et qu'est-ce que j'en retiens?

Le Katapult Future Fest rassemble chaque année une communauté internationale d'investisseurs, d'entrepreneurs, d'activistes et de penseurs convaincus que les crises systémiques que nous traversons appellent des réponses elles-mêmes systémiques. Ni conférence d'experts, ni sommet institutionnel - quelque chose de plus hybride, de plus vivant, de plus risqué aussi. Cette édition 2026 était organisée autour de quatre fils conducteurs : la tectonique entre deep tech et humanité, la puissance de la culture et de la créativité comme leviers de transformation, la finance régénérative et les nouvelles infrastructures économiques, et enfin la relation entre océan, nature et territoires vivants. Quatre entrées pour une seule question de fond : comment réorienter les flux (argent, attention, énergie, pouvoir) vers ce qui répare plutôt que ce qui détruit ?

Au-delà de la richesse des rencontres, des discussions et des expériences vécues pendant ces quelques jours, j'en repars avec 4 réflexions de fond que j'aimerais explorer au cours des prochaines semaines et prochains mois.

1/ Le piège du narratif fédérateur

Lors d'un atelier autour du concept de narratif ("storytelling"), Lolita - une sud-africaine travaillant pour une organisation internationale - est invitée à témoigner. Elle prend le micro, regarde l'organisateur et l'invite gentiment à ne pas lui en vouloir "I hope you won't regret inviting me, I'll try not to be too rude".

Lolita nous explique alors qu'elle ne va pas lire le texte qu'elle avait préparé. Qu'après cet atelier, il y a quelque chose qui sonne faux et qu'elle a besoin de partager ce qui lui est venu ces dernières minutes.

"I feel like I'm in the middle of the Empire"

A nouveau, des personnes blanches, en situation de pouvoir, proposent des solutions aux populations qui en sont dépourvues. Pas par mauvaise intention, mais on reproduit le schéma colonial. On apporte nos solutions (ici un narratif fédérateur autour de la régénération), imprégnés de nos lectures du monde, de nos biais et de nos propres aspirations.

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Alors, comment faire? Rassembler les gens autour d'une vision commune et de la protection du vivant semble pourtant aller dans la bonne direction. Où est le problème? Probable qu'il soit autant dans le résultat que dans le processus. Une partie de la réponse viendra d'une autre personne issue des minorités dans l'assemblée.

"We should not seek one narrative to federate the whole world. We'd be creating yet another dominant narrative. We should design and share the tools needed for place-based narratives to emerge - used and driven by local populations themselves - reflecting our diversity."

En rediscutant de ce sujet plus tard la même journée, une autre personne m'invita à aller voir du côté de la PNI (Participatory Narrative Inquiry) - des méthodes visant à repartir de récits individuels pour construire une interprétation partagée de la réalité. Ma compréhension : les outils de PNI permettent d'agir à la fois au niveau individuel (en poussant chaque personne à s'interroger sur son vécu, à l'interpréter de différentes façons, voire à changer de posture) ; et au niveau collectif (en mettant en perspective les vécus, perspectives et interprétations individuelles dans le cadre d'ateliers collectifs). L'ensemble permet de cartographier les tensions d'interprétation, de légitimer la pluralité des points de vue et de pousser du je au nous sans pour autant effacer cette diversité de perspectives. Très certainement des méthodes à ajouter à notre boîte à outils.

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2/ La société se réinvente à la croisée des mondes

Plusieurs fois au cours de ces deux jours, le concept de dialogie me vient à l'esprit. Cette idée que deux logiques (deux voix, deux forces, etc.) contradictoires coexistent souvent au sein d'une même situation - sans pour autant que cette contradiction soit résolue ou qu'une polarité gagne sur l'autre. Il n'y a pas de compromis à trouver, pas de synthèse à élaborer, mais une tension à habiter. Là où la dialectique voit une contradiction qui appelle une synthèse, la dialogie voit une tension qui génère du sens, du mouvement, de la vie - précisément parce qu'elle n'est jamais résolue.

J'ai eu le sentiment que de nombreuses tensions étaient exprimées et habitées collectivement au cours de ces deux jours. Par des réactions explicites mais aussi des silences, des inconforts, des regards, des corps qui expriment ce que la parole s'interdit. Une tension qui m'a particulièrement marqué est celle entre asymétrie de pouvoir et redistribution. Tel que je la comprends, l'intention générale du festival est justement de redistribuer le pouvoir social octroyé par la concentration de capital pour servir les populations et le vivant. J'ai trouvé les gens extrêmement ouverts sur l'autre, curieux et attentifs. Mais si l'on est honnête, l'asymétrie de pouvoir ne disparaît pas pour autant, et elle se lit très clairement dans les corps.

Dans les moments off, on observe cette façon qu'ont les conversations de changer de rythme et de profondeur à l'arrivée de certaines personnes. Une grande fortune, un membre de la famille royale, un speaker emblématique - et quelque chose se reconfigure imperceptiblement. Je ne m'exclus pas de ces dynamiques bien sûr. La redistribution ne commence pas quand l'asymétrie disparaît. Mais elle commence quand on accepte de la voir et de la nommer.

La liste de ces tensions est longue (new tech vs. principes ancestraux ; extractivisme vs. régénération ; unité vs. diversité ; urgence vs. lenteur ; etc.) et chacune d'elles mériterait d'être développée. Mais pour revenir au message clef ici : j'ai senti une intention sincère dans l'assemblée d'accueillir - voire d'encourager - l'expression de ces tensions. Comme une compréhension partagée que notre créativité collective en dépendait. Concrètement, je pense que cette caractéristique (si rare dans ce type d'événement) était liée à la fois à l'intention posée par l'équipe organisatrice (notamment Tharald Nustad), par l'attention portée par l'équipe accueillante de Ruigoord (qui prend soin de l'espace depuis des années et a accueilli cet autre monde les bras ouverts) et enfin par le design des espaces et des sessions (pensées pour favoriser cette pluralité - de perspectives, d'expressions, de rythmes, d'interactions).

D'ailleurs, la présence d'artistes et la place donnée aux arts n'est pas un détail dans ce ressenti. Il n'y a rien d'étonnant dans le fait que notre créativité soit démultipliée quand l'ensemble de nos sens est stimulé et qu'une place est accordée à la fois à l'intellect, aux émotions et aux sensations. Un moment qui m'a particulièrement touché à la clôture. Des musiciens venus du monde entier se sont retrouvés autour d'un chant autochtone d'Amazonie. Un rappel par la musique de l'importance centrale à donner à ce qui nous précède et à ce dont nous dépendons.

Evidemment, le contraste entre la diversité représentée sur scène et l'homogénéité du parterre est saisissante. Une tension de plus à reconnaître et à habiter.

3/ La puissance silencieuse de l'émergence

Le jeudi soir, le festival se fragmentait en micros groupes hors des murs. Ou pour le coup, entre des murs. Nous étions invités chez des hôtes dans le centre d'Amsterdam pour dîner en petits groupes d'une dizaine de personnes. Une fois tout le monde arrivé, mon hôte (Liet) nous propose de nous assoir en cercle et lance cette invitation : "how about we skip all the intro thing and go deep, right away. Would you be ok with that?". Tout le monde semble à bord - voire ravi. Liet ouvre le cercle avec la question suivante : "What is emerging for you today?"

Etant moi-même passionné par le concept d'émergence (ce qui nait d'un système sans avoir été voulu, contrôlé ou planifié par aucun des éléments qui le compose), cette question me met particulièrement en appétit. J'écoute avidement les réponses profondes de chaque personne. Vient mon tour. Et justement, ce qui émerge en moi ces jours-ci, c'est cette compréhension - presque physique - de la puissance de l'émergence et des conditions sous lesquelles elle se manifeste.

Une ligne fine à tracer entre la démarche pro-active de design et de création de ces conditions ; et un lâcher prise total sur le résultat en lui-même. L'attention est posée entièrement sur les conditions, qui doivent elles-mêmes favoriser les interactions au sein du groupe ou système constitué. Et je l'observe en continu à Katapult. Dans cet espace, dans ce cercle, dans ces deux jours. Les conversations qui naissent entre deux sessions sans avoir été planifiées. Les coalitions qui se forment autour d'une table sans ordre du jour. Les idées qui surgissent précisément parce que personne n'essayait de les faire surgir. L'émergence ne se convoque pas - elle se permet. C'est une forme d'attention différente : portée sur les conditions plutôt que sur les résultats, sur la qualité de la présence plutôt que sur l'efficacité de la stratégie.

Alors, vue de l'esprit ou réalité partagée? A chacun-e de se faire une réponse. Mais voilà les clefs de lecture que j'utilise pour ma part.

- Quelle est l'intention avec laquelle je me présente (dans telle interaction, à tel événement, dans tel projet) ? C'est l'aimant qui va attirer tout le reste. Si mon intention est floue, elle attire flottements et demi-présences. Si au contraire, je suis au clair sur les raisons profondes de ma présence, l'alignement des énergies vient naturellement.

- Est-ce que je suis ouvert sur l'autre? Chaque personne est un livre en attente d'être parcouru. On a cette chance extraordinaire d'avoir développé une technologie surpuissante qui s'appelle le langage et un outillage d'exploration qui s'appelle... des questions. L'ensemble nous permet de nous connecter les uns aux autres et de former les connexions qui serviront (ou pas) pour construire ensemble quelque chose de commun. Le quoi et le comment reste un mystère jusqu'à ce qu'on l'observe et le conscientise, individuellement et collectivement.

- Est-ce que je me sens nourri par l'interaction? C'est le signal final. Si la réponse est négative, je referme la connexion, quitte à ressentir cette solitude mentionnée plus haut.

Ces trois questions forment un cercle vertueux. L'intention claire attire des présences engagées. L'ouverture à l'autre crée les connexions. Le sentiment d'être nourri donne envie de revenir, de continuer, d'approfondir. Et c'est ainsi qu'une relation se ritualise - qu'elle prend corps dans le temps, qu'elle devient ressource. Une relation, un collectif, une organisation, un territoire, un réseau : tous suivent la même logique. Ce qui dure n'est pas ce qui a été le mieux planifié. C'est ce qui a été le mieux habité.

Je repars d'Amsterdam avec une dizaine de personnes avec qui j'aimerais rester en contact. Je vois des points de connexion concrets avec chacune d'elles - des projets qui pourraient se croiser, des questions qui se répondent, des énergies qui semblent compatibles. Mais je résiste à l'envie de tout formaliser, de tout planifier, de transformer chaque rencontre en action. Je me limite à poser mon attention sur ces trois points. Et je fais confiance à la puissance silencieuse de l'émergence.

4/ Sur l'importance d'être présent dans ces événements

Pour terminer, un mot sur ma présence à cet événement. Nos partenaires (le BWL, Wire Group et Dark Matters Lab) lancent un fonds paneuropéen visant à financer l'émergence, la structuration et le développement d'écosystèmes territoriaux oeuvrant pour la résilience de leur biorégion. J'étais invité par ces partenaires pour présenter notre travail dans l'Orne (notamment la création de notre véhicule de financement territorial), ce qui a permis d'illustrer les besoins de financement existant sur les territoires.

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Je remarque d'ailleurs que très peu de projets étaient présents à Katapult. Beaucoup d'investisseurs, de fondations, d'institutionnels. Une participante (elle-même travaillant dans une fondation) me partage sa frustration : "I'm tired of talking about what needs to be done, I need to talk about what's being done now". Je me rends compte alors de la chance de notre positionnement dans cet écosystème. Nous faisons partie des rares projets "terrain" (une question de perspective bien sûr, un agriculteur sourirait poliment), et recevons donc une attention rare dans ces espaces.

On nous a d'ailleurs proposé deux créneaux dans la programmation pour présenter nos activités : un temps dédié autour notre travail sur le bassin versant de l'Orne (cf. les belles cartes de Nous sommes Orne ci-dessous) ; et un temps pour présenter le Headwater Flow Fund. Je me suis rendu compte alors de la force du réseau BWLC et de nos partenariats avec le Wire Group, Dark Matters Lab (DML) et Commonland. Le nombre, la qualité et la complémentarité des personnes rencontrées collectivement et des discussions tenues en moins de 3 jours est impressionnante (on était une douzaine à représenter le réseau pendant ces 3 jours). Et après bientôt deux ans de partenariat, on sent cette fluidité qui s'exprime dans notre capacité collective à aller vite dans ce genre de moment tout en prenant soin des gens, des relations et de notre mission commune. Beaucoup de gratitude envers toutes les personnes qui ont oeuvré en ce sens (Noa, Karin et Michiel en particulier 🙏❤️🙏).

Ci-dessous notre QG pendant le festival et la session participative que nous avons animée - session basée sur un jeu de rôle (imaginé par notre collègue de DML Leon Seefeld) dans lequel les participants jouent une dizaine de rôles (collectivité, investisseur, habitant, assureur, etc.) et doivent d'accorder sur des décisions d'allocation de capital au service du territoire.

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Mon sentiment en fin de festival. Une image m'est venue en tête la dernière journée, elle est peu poétique mais elle illustre assez bien mon impression. L'image était celle d'un groupe de personnes bien intentionnées, compétentes et se posant les bonnes questions, mais bloquées la main sur un ensemble de robinets sans tuyauterie. Ce groupe a envie d'ouvrir les vannes mais la tuyauterie est inexistante. Les projets existent, les besoins sont là, l'énergie sur les territoires est présente. Mais l'infrastructure sociale et financière connectant les deux est globalement inexistante.

C'est sur ce besoin précis que nous travaillons depuis plus d'un an et cette courte expérience a eu un double effet sur moi : elle a renforcé ma croyance que ce travail d'infrastructure est essentiel ; et elle renforcé une mise en garde autour de l'importance de la faire émerger de la base. La construction sera plus lente mais elle sera surtout plus juste, mieux appropriée et plus résiliente.

La catapulte prend appui sur la base. C'est de là qu'elle propulse.

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