La coopération au service de la transition des territoires

France Villes & Territoires durables, les 10 ans de l’association à Dunkerque

· Carnet de bord,Coopérations

C'est dans un contexte faisant directement suite à une exceptionnelle vague de chaleur que l'association France Villes & Territoires Durables s'est réunie à Dunkerque pour célébrer ses 10 ans. Et nous y étions conviés : on vous raconte.

D’abord, la raison d’être de France Villes & Territoires Durables, telle qu'on l’a comprise

L’association se hisse en tiers de confiance parmi des interlocuteurs qui ne trouvent pas toujours les espaces pour communiquer, construire ensemble et ainsi coopérer pour agir sur les problématiques de transition écologique des territoires.

Ces acteurs – entreprises, PME, coopératives, collectivités, associations, experts – sont pourtant tous animés par des objectifs communs et oeuvrent à répondre à la même question : comment rendre nos territoires habitables pour l'humanité dans les décennies à venir, lorsque les catastrophes liées au dérèglement climatique s'accélèrent et remettent en question nos modes de développement ?

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Le constat fait par l'association est qu'il est clairement temps d'agir. La connaissance et l'expertise sont établies, nous disposons d'années d'études et d'expérience : l'heure est aujourd'hui au « DO (agir) » et non plus au « THINK (penser) ». La vague de chaleur de fin juin est venue contextualiser de manière pragmatique cette raison d'être : face à de telles catastrophes écologiques, il faut voir l'association comme l'une des briques pour construire des solutions durables pour nos territoires.

L'événement s'est déroulé sur deux demi-journées, avec un programme complet allant de l'immersion terrain au sein de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) aux ateliers de réflexion thématiques sur les axes clés de la transition écologique :

  • Énergie et décarbonation
  • Nouveaux modèles économiques
  • Santé
  • Biodiversité
  • Coopération multi-acteurs (on a animé celui-ci !)

Temps d'immersion dans la réalité du territoire dunkerquois : 26 agents experts mobilisés !

Après un accueil café convivial pour ouvrir la porte aux premiers dialogues de la mise en réseau, les participants (et nous-mêmes) avons arpenté des lieux clés illustrant les actions mises en œuvre pour la transition du territoire Dunkerquois. Le parcours nous a permis de découvrir 3 actions concrètes, présentées par les agents de la CUD (avec 26 agents mobilisés pour l’occasion !) :

  • La réhabilitation de la digue et la labellisation Grand Site de France Dunes de Flandre

Il est important de poser le cadre géographique du territoire pour comprendre l'enjeu derrière cet aménagement du front de mer. La CUD a la particularité d'être établie sur un « polder », c'est-à-dire un espace terrestre situé en dessous du niveau de la mer, qui s'enfonce dans les terres sur plusieurs kilomètres. Le territoire est donc particulièrement concerné par les inondations, qui ont causé de terribles dégâts - comme en 2023 dans la commune de Saint-Omer (à 40 km). Il doit également gérer les risques de submersions marines, d'où le projet d'aménagement de la digue de promenade. Les aménagements ont été réalisés sur un linéaire de plus de 4 km, avec un soin particulier accordé à l'identité paysagère des stations balnéaires, fortement fréquentées en haute saison.

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  • La transformation du quartier des Glacis en éco-quartier

Historiquement, ce quartier avait été utilisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale comme espace d'accueil temporaire pour les populations sinistrées. Il avait ensuite été largement réaménagé dans les années 60-70 : de grands logements HLM y ont vu le jour. C’est en 2021 que la démarche a reçu le label d'éco-projet et que la Ville et la CUD ont lancé la transformation du quartier en un modèle de ville-nature. La démarche a été engagée en tenant compte des contraintes de la réalité : en transformant ce qui était « déjà-là » et en le faisant avec les habitants. C'est pour cela que le projet s'efforce de faire participer ses habitants. L'éco-quartier, encore en travaux aujourd'hui, œuvre à produire un lieu où habitation et nature coexistent sans occulter les problématiques liées à l'urbanisation : la mobilité , les espaces de stationnement ne sont pas sacrifiés mais végétalisés – ou la gestion de l'eau – il est prévu que les eaux pluviales soient collectées pour alimenter une réserve destinée aux services d'aménagement de la ville.

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  • Le rôle du canal exutoire dans la gestion hydraulique du polder

L'existence de ce polder, déjà évoquée, suppose une gestion bien particulière de l'évacuation des eaux continentales. Elle repose sur un système de drainage complexe appelé les Wateringues. Le compte 1 500 km de canaux et de fossés et couvre 100 000 ha. Les eaux des Wateringues sont ainsi évacuées à la mer dans différents ports (Dunkerque, Calais, Gravelines) ; ces canaux exutoires sont équipés de vannes, fermées à marée haute pour éviter l'entrée de la mer et ouvertes à marée basse pour évacuer les eaux stockées.

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Ateliers thématiques sur les axes clés de la transition écologique des territoires

Après avoir échangé avec les participants et organisateurs jusqu'au bout de la nuit, nous nous sommes retrouvés le lendemain matin pour un temps de réflexion en sous-groupe thématiques.

La Coop des Territoires a eu le plaisir d'ouvrir la danse des présentations et animations autour de la « coopération multi-acteurs » aux côtés de la Ville de Paris, représentée par Marie Monjauze cheffe du service de l’engagement du territoire et des partenariats ; ainsi que du Lab Territorial venu du Finistère, représenté par Olivier Audet, directeur et cofondateur de Konk ar Lab et Emmanuel Poisson-Quinton, responsable incubateur chez Explore. Une vingtaine de personnes se sont réunies autour de la table pour échanger sur les ingrédients de succès de la coopération, en partageant des exemples concrets de coopération qui ont fonctionné sur leur territoire.

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Ce qui ressort de cet atelier, c'est que, peu importe leur milieu (collectivité, entreprise, agences de l'État ), tous s'accordent : une coopération qui fonctionne, c'est parce que la relation humaine y est mise au centre. L'humain, en tant que tiers de confiance à l'écoute de l'autre, doit être prêt au dialogue quand bien même les avis et les opinions pourraient diverger. En Économie de la Fonctionnalité de la Coopération (Laboratoire ATEMIS), la coopération est cette “capacité à se coltiner dans l’action, les contraintes de l’autre dans son propre travail, pour le rendre capable d’agir au service d’une visée partagée et qu’on n’est pas capable d’atteindre seul(e)”. On trouve que ça la résume plutôt bien.

Chacun(e), quelle que soit sa position, doit pouvoir y trouver son compte, et ce, au-delà des bénéfices pécuniaires. La coopération est un exercice gagnant-gagnant, et la transition écologique est peut-être l'un des enjeux les plus pragmatiques de cette condition, puisque nous avons tous et toutes à gagner à coopérer pour construire un monde durable, habitable pour nous dès aujourd’hui et pour les futures générations.

Ecrit par : Jeanne Crestot & Elise Méplon.

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