Discussion avec Harry Long

Suivi du European Learning Summit 2026

· Carnet d'essai

Ces carnets de rencontre font le lien entre les projets que nous menons et les personnes qui les animent, y contribuent, nous inspirent. C'est une façon d'aller à la rencontre des gens que nous côtoyons, de mieux saisir leurs histoires, motivations, citations, visages... Et pour celui-ci, nous vous présentons Harry Long, qui a récemment échangé avec Jeanne. Bonne lecture !😊

Bonjour, c'est Jeanne du BWL Colina (initiative portée par la Coop des Territoires) !

La dernière fois que j'ai écrit ici, c'était à propos du European Learning Summit 2026 organisé par Commonland et le Bioregional Weaving Labs Collective en Roumanie. Je vous parlais du Summit, et j'avais mentionné que l'une des choses qui m'avait marqué était les personnes incroyables et inspirantes que j'avais pu y rencontrer. L'idée est donc de partager avec vous de courtes discussions que j'ai enregistrées avec certaines d'entre elles, sur la coopération ou sur elles-mêmes.

Et voici (une partie de) la discussion en anglais que j'ai eue avec Harry Long, qui a travaillé dans l'armée, s'est blessé, s'est ensuite orienté vers des postes de gestion de projet, et qui travaille aujourd'hui avec des groupes d'agriculteurs locaux dans l'Avon, au Royaume-Uni, chez South Cotswold Fosse. Ma question portait sur ce que son expérience militaire lui avait apporté en matière de coopération, et nous avons laissé émerger ce qui en ressortait.

J'étais curieuse de la thématique à titre personnel, en ayant notamment à l'esprit :

  • Le livre Tribu de Sebastian Junger, qui parle du fait que certains soldats regrettent en réalité la guerre, en raison de l'intense fraternité vécue dans un contexte difficile.
  • Le travail d'Olivier Hamant, qui explique que « dans un monde d'abondance, il y a de la compétition, alors que dans un monde de rareté, il y a de la coopération », et j'imagine que les temps de guerre = des temps de rareté.

Je vous laisse écouter l'enregistrement, en gardant à l'esprit que je ne suis pas une pro du podcast, comme vous l'entendrez vous-même avec la musique en fond sonore, le nombre de « euh » et la qualité de l'enregistrement. Je fais appel à votre tolérance et votre bienveillance 😁

Et pour les plus impatient.es 😉 ou pour qui l'anglais serait un challenge, je vous invite à lire en bas les points clés que je retiendrai personnellement de cette discussion


L'échange suivant est en anglais

Points clés

1. Les expériences de la "vraie vie"

Les expériences de la "vraie vie" (comme celles des soldats ou des agriculteurs) font paraître votre monde plus « étroit » car vous faites face à des situations concrètes avec bien plus de facteurs à prendre en compte que dans un environnement de bureau. Donc finalement, le monde est plus complexe, mais aussi plus cohérent, plus profond, et apporte davantage de connexion et de chaleur humaine.

En parlant de complexité, cela fait écho à un podcast de Sismique que j'ai écouté ce week-end, où Julien Devaureix lisait deux courts extraits du philosophe français Edgar Morin, récemment décédé, qui parlait justement de la complexité (à écouter ici, en français). J'y réfléchis encore 🙂

2. L'inconfort

Pour Harry (notre « secret stoïcien » ^^), il y a une grande valeur dans « l'inconfort maîtrisé ». Le fait que les soldats soient exposés au chaud, au froid, à la douleur, à la maladie et à la faim leur permet de mieux gérer ces états lorsqu'ils y sont réellement confrontés. Comme la « capacité d'un soldat à gérer le désagrément devient très forte », l'expérience militaire devient un espace d'apprentissage de la résilience.

Et j'ai adoré qu'Harry évoque l'inconfort, car c'est une question récurrente pour moi. Je pense pour 2 raisons :

  • D'abord, j'ai l'impression que les moments difficiles peuvent soit vous séparer des personnes avec qui vous les partagez, soit au contraire vous rapprocher énormément. Pensez simplement aux galères vécues lors d'un voyage avec des amis ou de la famille, ou à une période spécifique partagée, que vous évoquez aujourd'hui avec le sourire ou en riant, liés par cette même chose qui vous a fait souffrir. Et cela ne veut pas dire qu'il n'y avait aucune tension à ce moment-là, cela veut dire que vous avez réussi à les surmonter et qu'elles n'ont « pas pris toute la place ».
    • « Nan, mais les copaines, vous vous souvenez de toutes les coupures de courant qu'on a eues à Delhi pendant la saison sèche ? haha, c'était dingue de se réveiller en pleine nuit en sueur parce que nos ventilateurs ne brassaient plus l'air à 40°C dans la pièce ! 🤣 »

Ensuite, cela fait aussi écho à une newsletter de Leila Hormozi envoyée ces derniers mois, où elle écrit que « l'inconfort est votre chemin le plus rapide pour grandir », ce qui résonne pas mal pour moi. Pas réaliste ni séduisant de considérer que cela devrait être le cas tout le temps, cela dit. Juste un équilibre à trouver, je suppose 🤔 Pensées personnelles ! 🙂

3. « Je suis encore là »

La phrase d'Harry « je suis encore là » me rappelle la sagesse bouddhiste d'observer l'impermanence. Nous traversons différentes périodes — y compris des moments inconfortables et difficiles — mais ce dont il parle, c'est de réaliser qu'elles passent, comme tout le reste finalement.

Sur cette note, je vous laisse et je reviendrai bientôt avec une nouvelle histoire !

Petites notes additionnelles :

  • Harry et moi parlions en tant que deux êtres humain.es, partageant leurs pensées à un instant donné et ayant chacun nos propres biais.
  • Évidemment, nous ne disions pas ici que tout inconfort ou toute douleur est une bonne chose, certains pouvant laisser des traumatismes et affecter profondément la vie des gens sur le long terme.
  • J'ai mentionné avoir vécu en Inde pendant deux ans et avoir connu des moments « difficiles » avec la chaleur (+ l'humidité, en particulier à Mumbai !). Cela doit évidemment être remis en perspective : nous n'avions pas la climatisation et vivions de façon assez basique par rapport aux standards dans lesquels j'ai été élevée, même si c'était tout de même beaucoup moins « difficile » que ça peut l'être pour beaucoup de gens qui vivent sur place. Juste pour ajouter de la perspective 😉

Écrit par : Jeanne Allard

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