Dans le cadre de l'étude d'opportunité d'un ou plusieurs espaces-tests agricoles et d'un lieu collectif ouvert au sein d'un futur parc d'activités (le Parc Grand Ouest) près de Laval en Mayenne (53), Élise a animé un atelier participatif récemment, elle raconte.

9h50 : Lancement de l'atelier, tout le monde est installé, le moment de stress redescend après une course folle entre remplir le café au PMU du coin (merci Charlotte), l'installation du projecteur et l'accueil des participant-es. Du monde est au rendez-vous !
9h55 : Le rôle et positionnement de la Coop est posé. Je ne suis pas là pour “vendre le projet” mais pour écouter, croiser, qualifier. Proposer un espace de concertation des acteurs locaux souhaitant mettre du temps et de l'énergie sur ces deux projets que j'accompagne : des espaces-tests agricoles et un lieu collectif ouvert. Ce n'est pas un espace de débat visant à définir si le projet du Parc Grand Ouest (au global) se fera ou non.
10h15 : On passe en mode intelligence collective ! L'objectif de l'atelier est de travailler sur les synergies entre ces deux projets et les futures entreprises du parc, sur la base des entretiens déjà menés avec plus d'une vingtaine d'acteurs locaux. Les conditions sont réunies pour ressortir avec des usages à imaginer, des synergies à faire émerger et des premières briques de scénarii réalistes et enthousiasmants.
Dans la réalité, la première chose qui est ressortie dans chacun des groupes... ce n’étaient pas des idées. C’était de la retenue, de la colère parfois, mais surtout, des récits très personnels.
Le cadre du projet n’était pas approprié par tous. Pas par manque d’intérêt, mais parce que l’histoire du territoire, les impacts humains déjà vécus, les incertitudes encore ouvertes, étaient encore très présents par rapport à l'historique du Parc Grand Ouest, en projet depuis presque 18 ans !
10h30 : Le cadre ayant été posé, à partir du moment où les participants ont senti que : les doutes étaient légitimes, les désaccords pouvaient être exprimés sans être disqualifiés, et que l’atelier n’était pas là pour valider une trajectoire déjà écrite, la qualité des échanges a changé.
10h40 : Les groupes n’ont pas cherché à empiler des idées séduisantes. Ils ont travaillé sur les conditions de réussite de ce projet :
- des espaces-tests agricoles pérennes, pas “gadget”
- un lieu collectif pensé comme un espace partagé, pas un bâtiment de plus
- des futures entreprises associées par leurs usages réels, pas par principe
- et surtout, l'importance ne pas fragiliser l’existant.
11h40 : Restitution par groupe en deux points : qu'est-ce qui vous semble enthousiasmant ? et être un point de vigilance ?

11h50 : Spoiler alert, nous n'avons pas “abouti” à un scénario clair. Et c'est tant mieux. Nous avons obtenu quelque chose de bien plus précieux : un cadre de discussion propice aux échanges et à la coopération, et des bases solides pour co-construire la suite de ces deux projets avec les acteur-ice.s, en cohérence avec les besoins du territoire.
11h58 : Fin de l'atelier ! (une grande satisfaction pour moi de finir un peu avant l'heure).
Ce que cet atelier m’a rappelé, c’est qu’une démarche participative n’est pas efficace quand elle va (trop) vite. Et un “bon” atelier participatif ne donne pas l’impression que “tout le monde est d’accord”. Mais, il permet d'affirmer que les désaccords ont trouvé un endroit où exister, qu'ils ont leur place, pour être entendus et écoutés, sans bloquer le travail et les réflexions.
Et franchement, ce n’est pas toujours confortable à animer ! Ce n’est pas non plus toujours “valorisable” en une slide. Mais j'ai l'impression que c’est là que les projets cessent d’être théoriques et évitent, plus tard, de s'essouffler…
Le prochain atelier portera sur la co-construction des scénarii, rendez-vous le 5 mars ! Avec un groupe qui, cette fois, sait pourquoi il est autour de la table.
> Retrouvez le compte-rendu de l'atelier ici.

