Passer de l’accompagnement à l’autonomisation d’un groupe de citoyens

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Septembre 2025, branle bas de combat, la CLAF (Caisse Locale de l’Alimentation de Flers Agglo) rentre dans sa phase opérationnelle. Depuis plus d’un an, des citoyens et citoyennes qui ont constitué un groupe de réflexion, travaillent assidûment à la formalisation des modalités de fonctionnement de la CLAF. Il est, à présent, temps de faire connaître ce dispositif à l’ensemble des habitants de l’agglomération.

Sans cette mobilisation citoyenne, cela n’aurait pas été possible… Mais comment ce groupe a-t-il évolué en un peu plus de 6 mois, depuis la mise en oeuvre de l’expérimentation jusqu’à ce printemps, à l’aube de l’avant dernière phase de recrutement ?

1 · Retour sur le contexte

Une démarche citoyenne soutenue et accompagnée par une équipe salariée dès le début

C’est le rêve pour toute initiative innovante : trouver des personnes motivées pour porter le projet et le faire vivre. Dans le cas de notre caisse locale, c’est le CCAS de Flers (centre communal d’action sociale) avec l’appui de La Coop des Territoires qui a répondu à l’appel à projet Mieux Manger pour Tous de la DREETS à l’été 2023. L’objectif : obtenir des subventions afin de financer le temps d’ingénierie nécessaire pour déployer cette expérimentation, ainsi que les moyens matériels (outils de paiement…) et le déficit à combler pour équilibrer les cotisations.

Ce financement a notamment permis de rémunérer La Coop des Territoires dès le début du projet, pour mobiliser des habitants et habitantes, animer et accompagner le groupe de réflexion ainsi constitué. Il n’est donc pas étonnant de la rapidité entre les phases de réflexion et de mise en pratique : 2 ans, un record quand on compare avec les autres caisses portées par un collectif !

Ainsi, les citoyens ont toujours eu un cadre structurant pour partager leurs idées, les confronter, choisir l’option qui faisait consensus, et les matérialiser en un panel d’outils prêts à servir tant pour conventionner les producteurs (la grille de conventionnement), que pour acter la fréquence des rencontres, et aider les futurs membres de la CLAF à déterminer le montant de leur cotisation (le guide d’autodétermination de la cotisation).

Le passage en régie, entre défis et opportunités

Premier semestre 2025, le choix du cadre juridique a été un moment charnière pour le projet. Le sujet a d’abord été ouvert avec le groupe de réflexion. Plusieurs pistes ont été creusées : la création d’une association (un format plutôt familier à la plupart des membres du groupe), le portage en régie par la collectivité par Flers ou Flers Agglo (il a fallu que des agents de la collectivité vienne expliquer au groupe en quoi cela consistait réellement).

Toutefois, le Maire-Président de Flers Agglo a pris la décision que la CLAF serait une régie de Flers Agglo avançant l’argument du risque juridique de la « gestion de fait » si l’on passaitpar une association créée spécifiquement pour ce projet. En effet, cette dernière aurait été
financée à 100% par des subventions publiques attribuées initialement à la collectivité.

Cette décision, et la manière dont elle a été prise a suscité des tensions au sein du groupe de réflexion :

  • Une perte de confiance : Beaucoup de membres investis, ont eu le sentiment que le projet leur échappait et que leur rôle passait de "décideur" à simple "consultant". Certains se sont alors désinvestis du projet. Par ailleurs, le fait d’avoir eu le sentiment de pouvoir définir le modèle juridique, pour qu’il soit finalement imposé, a créé une perte de confiance des membres. Pour sécuriser et rassurer les membres, un travail de formalisation du cadre des décisions, mettant en évidence les périmètres décisionnels du groupe de réflexion d’un côté et de la collectivité de l’autre, a été réalisé dans les semaines suivant la décision du portage en régie.
  • Un sentiment de déconnexion : L'absence de représentants de la collectivité aux réunions du groupe de réflexion a été soulignée et considérée comme un manque d’engagement de la collectivité dans le projet. Cependant, le tir a été rectifié : la directrice du CCAS s'est fortement impliquée par la suite, avec une présence régulière aux réunions pour recréer du lien et du dialogue. Il est intéressant de noter que ce groupe existe pourtant grâce à la collectivité, qui a missionné la Coop des Territoires pour l’animer. Peut-être qu’une animation assurée par des agents de la collectivité plutôt que par une structure externe aurait permis de maintenir à l’esprit des participants que c’était bien la collectivité qui leur laisser ce cadre de réflexion.
  • Une complexité et lenteur des circuits de validation : la création d’une régie publique implique un vote par les élus puisqu’il faut délibérer sur les tarifs. Alors que la décision du passage en régie par le maire-président a été prise à la fin de l’hiver 2025, il a fallu attendre fin juin pour que le conseil communautaire valide officiellement la création de la régie et que la CLAF. Ce temps, qui a semblé long aux membres de réflexion, était toutefois nécessaire pour finaliser les grilles d’aides à la cotisation, mais aussi le choix de l’outil de paiement et les grilles de conventionnement. Par ailleurs, les circuits de validation se sont rallongés, il a notamment fallu avoir la validation du cabinet du Président de l’Agglo notamment pour tout ce qui relevait de la communication autour du dispositif (intervention publique, flyers, interview dans les médias…). Enfin, la réserve électorale qui a débuté début septembre, a égalementfreiné la communication.

Derrière ces points de frictions, le passage en régie a également apporté son lot d’avantages pour le projet :

  • Des financements supplémentaires pour allonger la durée de l’expérimentation : Le maire-président en actant le passage en régie s’est également engagé à rajouter 10 000 euros au budget pour alimenter le fonds d’équilibre et ainsi pérennisé le dispositif au moins jusqu’à décembre 2026 (les financements Mieux Manger pour Tous allant jusqu’à juillet 2026)
  • L'accès aux ressources logistiques et humaines de l'agglomération. Ainsi le graphiste de la collectivité a été mobilisé pour formaliser le logo de la CLAF à partir des éléments partagés par le groupe de réflexion. La collectivité a fourni les impressions (flyers, affiches…), créer une page présentant la CLAF sur son site internet, et partagé les éléments de communication (notamment la vidéo réalisée par La Coop des Territoires) sur ses réseaux. C’est également la collectivité (soutenue par La Coop des Territoires) qui a géré le (lourd) sujet du choix du prestataire pour l’outil de paiement, et assure encore aujourd’hui le lien avec lui pour le développement de l’outil et sa gestion quotidienne.
  • Une légitimité accrue du dispositif : la CLAF étant portée en régie, il s’agit maintenant d’un service public, ce qui donne plus de crédibilité et de poids au projet auprès de la population et des acteurs du territoire.

Des rituels bien ancrés par le groupe de réflexion

Au moment de la constitution du groupe de réflexion en septembre 2024, les membres ont clarifié les modalités de fonctionnement du groupe :

  • le lieu des ateliers : RDV salle 13 à la maison d’activités Émile Halbout à Flers, un établissement récent bien équipé pour projeter un support visuel, et confortable pour accueillir dans de bonnes conditions un collectif d’au moins 20 personnes ;
  • le format : en présentiel, pour favoriser les liens et être véritablement disponible ;
  • la logistique : les membres du groupe et d’animation s’arrangent pour covoiturer et raccompagner les personnes moins mobiles ;
  • le jour : en milieu de semaine, les jeudis ;
  • la fréquence : tous les 15 jours à 3 semaines ;
  • les horaires : 18h15 à 20h15 ;
  • le déroulement : 2 heures d’atelier avec généralement un moment convivial après où les membres amènent un ou plusieurs produits (ou non) à partager
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Visite de la ferme la Maison des légumes à Messei avec le groupe de réflexion dans le cadre du conventionnement des producteurs

2 · Une organisation à repenser pour encourager l’autonomisation du groupe

À l’automne 2025, en pleine phase de recrutement pour l’ouverture officielle au grand public qui aurait lieu en décembre, nous avons requestionné le mode de fonctionnement du groupe de réflexion. En effet, l’objectif était d’encourager les futurs membres de la CLAF à s’investir dans le projet et donc à intégrer le groupe de réflexion. En tant qu’animatrices du groupe, nous nous sommes demandé si notre mode de fonctionnement actuel allait convenir à d’autres potentielles personnes intéressées, comment faire pour leur donner envie de s’engager de manière plus marquée au projet.

En parallèle, nous avons entamé une réflexion autour de l’autonomisation du groupe de réflexion. Jusqu’à présent La Coop des Territoires était financée pour allouer environ 4 jours/semaine sur la CLAF. Or l’allongement de l’expérimentation jusqu’en décembre 2026 sans rallonge financière sur le volet accompagnement a nécessité de réduire le temps d’intervention de la Coop des Territoires à partir d’avril 2026 à 1 jour/semaine.

Par ailleurs la question de la pérennisation du projet au delà de décembre 2026 se pose. Le groupe de réflexion aspire à maintenir la dynamique qui aujourd’hui dépend de l’équipe salariée de La Coop, financée par la collectivité via Mieux Manger pour Tous. De cette question, découlent plusieurs enjeux politique, financier et organisationnel. Est-ce que la collectivité va vouloir continuer à porter le projet en régie ? Si oui, est-ce qu’il y aura des financements pour continuer à rémunérer La Coop des Territoires pour l’accompagnement de la CLAF ? Si la collectivité ne souhaite plus porter le projet en régie, est-ce que le groupe de réflexion et les membres de la CLAF vont vouloir et pouvoir créer et porter une association sans le soutien de la Coop des Territoires ?

Ces trois problématiques à court (décembre 2025) moyen (avril 2026) et long (décembre 2026) termes nous ont amené à repenser quelque peu l’organisation du groupe de réflexion.

Ce que nous avons mis en place :

Maintenir l’engagement des membres du groupe de réflexion dans le temps

La mobilisation est fluctuante, notamment en période hivernale, où nous nous sommes retrouvés avec seulement 3 ou 4 participants lors de certains ateliers. Nous avons constaté qu’en-dessous de 6 personnes, les participants ne se sentent pas légitimes pour acter des décisions structurantes, ce qui freine la dynamique. Pour sécuriser ce processus, nous avons automatisé une routine de communication via WhatsApp : chaque atelier est précédé d'un sondage de présence et de l’annonce des thèmes abordés. Cela permet d’anticiper la mobilisation en fonction des appétences de chacun.Nous avons aussi tenté d’ouvrir les ateliers en distanciel avec un format visio. Ce dernier est tenable mais seulement s’il y a au moins 2 voir 3 personnes en animation sur l’atelier. Les participants avaient l’air de bien entendre et suivre ce qui se passaient, mais cela demandait une attention particulière pour l’équipe d’animation qui ne rendait pas forcément fluide le déroulement de l’atelier.

Cependant, la technique ne suffit pas à maintenir l’engagement ; elle doit s’accompagner d’un temps individuel et « sur-mesure » pour prendre soin de chaque relation. Comprendre une absence, téléphoner à un ancien membre pour analyser les raisons d'une mise à distance ou valoriser une compétence spécifique devant le groupe sont autant d'indices précieux pour respecter le rythme de chacun. Nous privilégions des formulations directes et adaptées - « Je pense que ce sujet t'intéresserait » ou « On aurait besoin d'aide pour un stand et je sais que tu es à l'aise comme ambassadrice » - qui mettent en lumière l’individu et complètent utilement les échanges collectifs.

Renforcer le collectif en ouvrant le groupe de réflexion aux nouveaux membres de la CLAF

Chaque participation est déterminante, d'autant que nos ateliers réunissent généralement entre 4 et 10 personnes. D’où l’importance d’intégrer de nouveaux membres au groupe de réflexion, soit de manière pérenne soit de manière ponctuelle.

Ainsi , dès le recrutement (lors des réunions publiques, et même dans le formulaire de candidature), nous avons mis en avant l’invitation, aux futurs membres de la CLAF, à rejoindre le groupe de réflexion.

Plutôt qu’une intégration directe (qui pourrait être perçue comme trop engageante et contraignante), nous avons instauré un sas d'entrée : la participation à un atelier sans engagement. En effet, on se projette mieux quand on peut appréhender directement l’ambiance dans le groupe et la variété des sujets évoqués. À l’issue de cet atelier, nous laissons le choix : intégration immédiate au groupe WhatsApp ou temps de réflexion d’une semaine. Après chaque premier atelier, nous revenons vers chacun en privé pour mieux comprendre ses attentes vis-à-vis de la CLAF et l’engagement qu’il ou elle envisage. Cela n’a pas manqué, plusieurs personnes ont tout de suite adhéré mais ont souligné le fait que le jeudi ne leur convenait pas forcément. Après un sondage pour identifier le jour qui conviendrait le mieux, il s’est avéré que les votes se sont répartis plutôt équitablement entre le mardi, mercredi et jeudi. Il a été acté que les ateliers auraient lieu en alternance sur ces 3 jours. Cette flexibilité permet de capter des profils aux contraintes variées, à condition de maintenir une communication claire et régulière sur le calendrier.

Par ailleurs, nous invitons les membres de la CLAF à assister quand ils le souhaitent à un atelier (sans s’engager à être membres du groupe de réflexion). Les dates des ateliers sont donc partager à l’ensemble des membres de la CLAF (elles sont même accessibles à chacun depuis son compte CLAF). Cela leur permet d’avoir une meilleure compréhension du dispositif et de ses rouages, et leurs regards extérieurs sont tout à fait pertinents pour mettre en lumière des angles morts du groupe.

L'accueil se veut toujours convivial, les apéros après les ateliers y contribuent largement, ainsi que les temps en dehors des ateliers (visite de ferme, chantier à la ferme, événement convivial). Chaque nouveau membre est activement encouragé à intervenir et partager son opinion, car sa légitimité se construit dès le premier échange.

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Après l’effort, le réconfort : moment convivial entre les membres (gourmands) post atelier

Révéler les potentiels et déléguer réellement pour passer de l’animation à la facilitation

L’autonomisation durable du groupe de réflexion repose sur un changement de paradigme : la Coop des Territoires ne doit plus être le centre de l'exécution, mais la facilitatrice d’un système décentralisé. Cette transition s’articule autour de la valorisation des compétences individuelles et de la structuration en sous-groupes thématiques.

Faire émerger les potentiels pour que chacun trouve sa place

Dans une dynamique de groupe, il arrive inévitablement qu’une ou deux personnes prennent le leadership, ce qui a l’avantage de faire avancer rapidement les choses, mais l’inconvénient de gommer les compétences d’autres forces vives. Nous avons donc pris le parti de pointer ces situations pour rééquilibrer la parole. Cela a pu engendrer des frustrations, il s’agit alors de démontrer l’intérêt pour le groupe : cela laisse la place aux autres membres plus introvertis pour s’exprimer et monter en compétences, et ne fait peser trop lourdement le poids des décisions à une seule et même personne.

L’objectif est de donner confiance à ceux qui n’osent pas prendre l’initiative, en les assurant qu’ils ne seront pas catapultés seuls dans une mission. Pour cela, nous privilégions le fonctionnement en binômes : dès qu’une personne manifeste un intérêt pour une tâche, nous cherchons à créer un duo. Ce partage de la charge de travail réduit le sentiment de doute et permet une montée en compétences mutuelle, sans jamais dépasser les zones de confort de chacun.

Mettre en place des sous-groupes thématiques et déléguer

Pour rendre cette autonomie opérationnelle, nous avons listé les thématiques nécessitant des ressources humaines (conventionnement, recrutement, recherche et événement.). L’idée est de définir des missions simples, accessibles sans formation poussée, et de les distribuer non pas de manière nominative, mais en « tendant des perches ». Lorsqu’un membre se saisit d’un sujet, il devient référent au sein d’un sous-groupe thématique. Une fois le binôme ou le groupe constitué, nous les laissons s’organiser : échanges WhatsApp, appels téléphoniques ou réunions en présentiel, selon le format qu'ils préfèrent. Nous restons bien évidemment ressources sur le sujet et fournissons les outils et la méthode au besoin. Par exemple pour le conventionnement, nous avons transmis au groupe de travail la liste des contacts des producteurs, les grilles de conventionnement et guide d’enquête. Aujourd’hui, le sous-groupe conventionnement organise en autonomie les visites de ferme.

Faire confiance et accepter un rythme différent

Qui dit plus de personnes dans la boucle, notamment moins informées et moins habituées à certains processus, dit aussi plus d’échanges et de temps d’intégration. Cette délégation exige de l'équipe d'animation un véritable « lâcher-prise ». Accepter qu’une tâche ne soit pas traitée avec la même rapidité que si elle avait été gérée par une salariée est une étape nécessaire. L’enjeu est que la mission soit effectuée par les membres (avec notre soutien si besoin), afin qu’ils puissent ensuite la reproduire en autonomie et être à l’aise dessus, voire même expliquer à d’autres comment faire.
Cependant, pour éviter l’épuisement du groupe, l’animatrice conserve un rôle de vigie : elle s’assure de l’avancement des travaux lors des ateliers, relance certains groupes/personnes, aide à hiérarchiser les priorités et pointe les enjeux les plus urgents. En orientant sans imposer et en incitant tout en restant disponible pour répondre aux blocages, nous permettons au groupe de s'approprier la CLAF à sa propre temporalité, garantissant ainsi sa pérennité au-delà de l'accompagnement professionnel.

Les points de vigilance

Il est indispensable de demander des retours d’expériences sur les formats testés car parfois certains membres se sont engagés dans des démarches qui leur ont demandé beaucoup d’effort. Ainsi, le but est de leur laisser l’espace pour qu’ils expliquent que leur rôle a été trop difficile et qu’ils ne pourront le refaire, afin de laisser d’autres personnes se saisir du sujet si besoin si l’occasion se représente ;

Il est important de trouver la bonne formule entre laisser le choix et cadrer les propositions ; parfois à laisser trop de possibilités, les personnes n’arrivent pas à se projeter et il n’y a pas assez de matière pour permettre une discussion. Il est conseillé lors de l’atelier d’avoir en tête des propositions à soumettre pour les distiller au fur et à mesure si besoin sans les faire apparaître directement pour que cela permette aussi la spontanéité au sein du groupe.

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9 participants lors d’un atelier (hors animation), gage du bon déroulement de la session et de fluidité dans la prise des décisions

3 · À retenir : Les ingrédients clés de succès

Si nous devions être amenés à reproduire un tel accompagnement, les points clés que nous avons identifié seraient les suivants :

  • L'ouverture prudente mais accueillante : Instaurer une règle de "l'atelier d'essai" sans engagement. Cela permet aux nouveaux de tester l'ambiance avant de rejoindre officiellement le groupe WhatsApp, évitant ainsi le sentiment d'être "piégé" dans un engagement trop lourd.
  • La flexibilité des rituels : Ne pas rester figé sur un jour fixe (le jeudi) si cela devient un frein au recrutement. Alterner les jours de réunion (mardi/mercredi/jeudi) montre que l'organisation s'adapte aux citoyens et non l'inverse.
  • Le seuil de représentativité : Définir un quorum minimal (ex: 6 personnes) pour valider une décision. Cela protège les quelques présents du sentiment d'illégitimité et évite de devoir revenir sur des décisions actées en petit comité.
  • Le travail en binômes de compétences : Pour encourager les profils introvertis ou ceux qui craignent la charge de travail, favoriser les binômes. On ne se sent jamais seul face à une tâche, et cela permet une transmission naturelle des savoirs sans passer par une formation formelle.
  • Le lâcher-prise sur la temporalité : Accepter qu'une tâche prenne plus de temps si elle est faite par un citoyen plutôt que par un salarié. C'est le prix de l'autonomisation : privilégier l'apprentissage par l'action (faire de A à Z) pour que la compétence reste dans le groupe sur le long terme.
  • Le passage de l'Animation à la Facilitation : Changer de posture en tant que professionnel. Ne plus distribuer les tâches nominativement, mais "tendre des perches" et laisser les volontaires se saisir des sujets selon leurs appétences.
  • Le "Soin Relationnel" individuel : Ne pas se contenter des échanges collectifs. Prendre le téléphone pour comprendre une absence ou valoriser une compétence spécifique ("je pense que tu serais doué pour...") est indispensable pour maintenir le lien affectif avec le projet.

Rédaction : Marie PANAYOTY / Albane GELIN

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