Et tout débuta par … 40h de voyage!

· Carnet d'horizon,Actualités

Ces carnets de bord présentent les grandes étapes des projets menés par la Coop. On vous raconte nos réussites, nos loupés et nos interrogations, et aujourd'hui un changement de perspective. Ce carnet revient sur le périple de Jeanne pour rejoindre le Séminaire European Learning Summit 2026 organisé par Commonland and le Bioregional Weaving Labs Collective fin avril dernier. Ca parle d'alignement et de changement de perspective. Nous reviendrons plus tard sur l'événement en lui-même et sa richesse (qui feront l’objet d’un autre carnet dans les prochaines semaines). Bonne lecture! 😊

Introduction et Contexte

Bonjour, bonjour! Moi c'est Jeanne. Au sein de La Coop des Territoires je fais partie de l'équipe qui travaille sur Colina, le Bioregional Weaving Lab Colina.

C'est quoi un Bioregional Weaving Lab (BWL)? C’est un Laboratoire de Tissage Biorégional qui correspond à une communauté d'action ancrée géographiquement qui travaille et apprend collectivement afin de régénérer sa propre biorégion. Un BWL prend forme grâce à un processus de partenariat multipartite, piloté par une « Équipe de Tissage ». Cette équipe crée des liens entre les habitants, le territoire et les projets locaux, de manière à ce que la communauté soit organisée pour opérer un changement systémique cohérent.

Et c'est quoi le BWLs Collective ? C’est un réseau européen en pleine croissance de BWLs ancrés localement et opérant au sein de biorégions distinctes (dont Colina).

Et pourquoi je vous en parle aujourd'hui ? C'est parce que nous avons eu la chance d'être invitée au European Learning Summit 2026, un événement organisé par Commonland et le BioRegional Weaving Labs Collective fin avril dernier. Les 2 organisations conviaient des membres de leurs différentes équipes à travers l'Europe pour un temps ensemble. L’occasion de se retrouver et de célébrer en équipe ce qui a été fait en termes de coopération sur les territoires respectifs ces dernières années, de porter un regard sur nos acquis et nos expériences communes, d’échanger sur nos difficultés rencontrées / nos challenges, nos ressources, nos bonnes pratiques à partager. Après discussion avec l'équipe, on décide que j'irai. Une chance de faire partie des 80 personnes invitées en Roumanie!

Le Choix du Bus : Valeurs et Logistique

Afin d'aligner mes actions avec mes / nos valeurs à Colina, et encore plus pour un événement comme celui-ci, je prends la décision d'y aller en bus.

Y aller en bus, en Roumanie, ça veut dire 517 kg de CO2 évités (voir le site Agirpourlatransition de l’ADEME - cf. ci-dessous).

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Y aller en bus, ça veut dire 2 600 km.

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Ça représente 40 heures de bus (juste pour l’aller), dans un bus lambda — pas un bus couchette — donc avec une inclinaison des sièges plutôt relative.

Ça veut dire aussi traverser ces pays au rythme des arrêts dans les stations-service pour la nourriture, les toilettes et sans trop me dégourdir les jambes.

Je vous avoue que j’avais quand même eu des doutes et des moments de relâchement. J’étais presque à 2 doigts de prendre un avion à un moment, avant de trouver une idée géniale : appeler une pote convaincue et lui dire de me dire de prendre le bus. Résultat : je book mes billets Flixbus !

Malgré tout, plus le départ approche, et plus j’appréhende de trouver ça très long, en me disant que je vais passer “quand même 80 heures dans le bus au total 😅”.

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Le détail de l'aventure!

La Péripétie du Départ : Le Train Manqué

A posteriori, le plus dur n’a pas été de prendre le bus, mais plus de rejoindre Paris depuis la Normandie. Après une semaine intense, j'arrive à Briouze pour prendre mon train un peu ric rac. Je vois le train à quai, je cours, j’appuie sur le bouton et j’attends… en vain. Les portes ne s’ouvriront pas, le train démarre, je le vois partir depuis le quai... Ça commence fort !

What’s next ? Après m'être allongée deux minutes sur le bitume du quai de Briouze, à regarder le ciel en me disant que c'était "un peu la loose", je commence un plan d'action pour rejoindre Paris et bien choper mon bus vers la Roumanie prévu pour 7h30 le lendemain matin depuis Bercy. Mais quelles sont mes options?

  • Un train tardif vers Paris dans les alentours? Aucun des derniers trains des villes de Caen, Argentan, Flers et Alençon ne me serait atteignable à temps.
  • Prendre le bus Paris-Bucarest suivant? Le coût supplémentaire est de plus de 150 € : hors de question.
  • Un covoiturage qui partirait maintenant? Il est 20h, les chances sont minces mais tentons..

Lumière dans la nuit : je trouve un BlaBlaCar. Une personne passe par Alençon à 22h. Je roule une heure, j'attends à la gare, je récupère mon covoiturage et je m'endors de fatigue.

J'ai eu la chance d'être déposée à Versailles Chantiers à 1h50 du matin. De là, je saute dans un Heetch pour rejoindre la capitale. Après 40 min à m’extasier des lumières de Paris et des gens dans les rues (+ de ma chance d’avoir réussi l’exploit de rejoindre Paris !), j’arrive à bon port et m’endors à 3h, en prévision d’un réveil à 6h pour prendre mon bus vers l’Est de l’Europe.

Le Périple de 40 heures

Pas de problème de réveil à 6h le samedi matin. La mésaventure de la veille me tient vigilante et je choppe mon bus facilement.

Une fois dedans, tout roule. J'ai mes pique-niques et mon sac est organisé à la perfection ^^.

Un Changement de Perspective

Un texto de mon voisin paysagiste et poète m'invite à observer la couleur du Danube et des Carpates, ce qui change mon regard sur ce voyage. Et en plus d’être plus attentive aux paysages, reliefs, habitats et végétations, j'en profite pour :

  • Dormir beaucoup
  • Regarder des vidéos de Thomas d'Ansembourg et d'Olivier Hamant (et notamment découvrir le podcast les lueurs)
  • Écouter de la musique, je vous mets une petite sélection de musiques qui ont cheminé avec moi : Fever Dream (Alex Warren), The First Time (Damiano David) et Meri Zindagi Hai Tu (Asim Azhar & Sabri sisters)

L'Immersion en Voyage

Dans le bus et au fur et à mesure des heures, les voyageurs sont plutôt Roumains et je me retrouve sans langue parlée commune avec mes voisins non francophones - non anglophones. Tout le monde parle roumain. Mon incapacité à pouvoir discuter est agréable : je me retrouve en voyage, à observer sans comprendre, à observer avec curiosité, à faire des suppositions de ce qui se passe autour de moi, à me dire que mon ignorance est encore sans fin. Rien que pour ces rappels d’humilité, je dirais que prendre un bus 40h vaut le coup. Gratitude.

Je suis intriguée par les rayons chips et gâteaux des stations-service.

Je suis touchée par ma voisine, Nostela, qui me prend sous son aile, me fait des signes pour me traduire les instructions des conducteurs de bus, m’indique de la suivre au changement de bus. Nous partageons huile essentielle de menthe poivrée pour le mal de tête et banane.

Malgré un sommeil haché par les arrêts toutes les deux heures, finalement, je suis heureuse de l'expérience.

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Paysage depuis ma fenêtre

Arrivée à Bucarest

Après 40 heures, j'arrive enfin à Bucarest. Je saute du bus et me mets à vraiment utiliser mes jambes après 40h de mouvements limités : bon-heur de marcher, de prendre le temps et d’observer la ville comme ça, la sentir rapidement tout en rejoignant mon point de chute pour la nuit.

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Arc de triomphe de Bucarest

Finalement ma conclusion :

  • Traverser l’Europe en bus : c’est un peu long mais carrément faisable et le trajet est une expérience en elle-même!
  • Mes tips de pro 🤓 :
    • Payer 5 euros en plus pour choisir votre siège à l’avant du bus
    • Avoir un forfait qui donne accès à de la data depuis l’Europe entière
    • Préparer un sac pique-nique qui permet de manger des trucs bons et un peu plus sain que juste des chips
    • Choisir des vêtements confortables et matchant différentes options de températures
  • Et ce séminaire valait bien les 80h de bus. Suite au prochain épisode pour comprendre pourquoi: stay tuned !
Petit coucou depuis Munich

Petit coucou depuis Munich

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Paysage depuis ma fenêtre

Rédaction : Jeanne Allard

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